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Alimentation

Étiquetage nutritionnel : enfin un système officiel coloriel !

 L’UFC-Que Choisir se félicite de l’annonce ce mercredi 15 mars, qui n’est autre que la journée mondiale des consommateurs, du modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié par la Ministre de la Santé Marisol TOURAINE. Après avoir réclamé pendant de longues années un système coloriel simple et lisible, l’UFC-Que Choisir se réjouit de cette victoire… La balle est désormais dans le camp des industriels et distributeurs qui restent libres de l’apposer ou non sur leurs produits.

 

Mais faisons tout d’abord un retour en arrière et voyons ce que disait l’UFC en février 2015.

« Pas facile de décrypter les informations nutritionnelles présentes sur les emballages des produits alimentaires tels que les biscuits, les céréales, les plats cuisinés, les sauces, les soupes… Un code couleur en projet pourrait, s’il était adopté, permettre aux consommateurs d’être informés de façon simple sur la qualité nutritionnelle des produits.»

En juillet 2013, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, demande que des initiatives concrètes soient proposées afin de donner un nouvel élan à ce programme. Parmi les quinze mesures suggérées, l’une suscite d’emblée des réactions contrastées : apposer sur la face avant de chaque emballage de produit alimentaire une pastille de couleur reflétant sa qualité nutritionnelle. Les pastilles vertes signaleraient les produits les plus recommandables, puis l’échelle passerait par le jaune, l’orange, le rose pour arriver au rouge réservé aux produits à consommer avec modération.

En juin dernier, plusieurs sociétés savantes et associations professionnelles , mais aussi des associations de malades comme l’Association française des diabétiques, sans oublier l’UFC-Que Choisir, décident de soutenir la mise en œuvre de cet étiquetage nutritionnel simplifié par le lancement d’une pétition adressée au Premier ministre.

À l’inverse, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) ne cache pas son hostilité, et s’oppose à « tout dispositif simpliste et partiel visant à discriminer les produits par une couleur ou une note ». Qu’un biscuit apéritif ou une barre chocolatée puisse écoper d’une pastille rouge, voilà ce que les industriels ont du mal à avaler. Ils veulent bien informer leurs clients mais à condition de ne jamais leur dire clairement que certains produits ne devraient être consommés que de manière très occasionnelle.

Pour ajouter à la confusion, Carrefour décide, de proposer son étiquetage « maison », un logo distinguant quatre classes de produits assorties d’indications sur la fréquence de consommation recommandée : trois, deux ou une fois par jour ou encore « de temps en temps ».

 

La Ministre de la Santé a tranché :  Enfin un système officiel simple et tout en couleur…

Plus d’un an après l’adoption de son principe dans la Loi de Santé publique, et alors que les initiatives isolées des industriels se multipliaient, renforçant un peu plus la cacophonie informative des consommateurs, le modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié vient d’être annoncé par la Ministre de la Santé. C’est donc un système coloriel comme réclamé de longue date par l’UFC-Que Choisir, qui doit être officialisé par arrêté début avril. Plus particulièrement, l’expérience grandeur nature et le sondage auprès des consommateurs démontrent, comme le soulignait l’UFC-Que Choisir, l’inefficacité totale du système ‘Nutrirepère’ proposé par l’industrie agroalimentaire du fait de son extrême complexité et de l’absence de code coloriel. A l’inverse, les 3 autres systèmes coloriels, et notamment le ‘Nutriscore’, une vignette à 5 couleurs qui va du vert à l’orange foncé en fonction de la qualité du produit, sont les plus efficaces pour orienter le choix des consommateurs vers les produits les plus sains.

Cette annonce coupe court aux doutes instillés ces dernières semaines. Loin de jeter un pavé dans la marre, le récent avis de l’ANSES soulignant -sans grande surprise- qu’il existe (faute de recul suffisant) « un niveau de preuve insuffisant pour démontrer (sa) pertinence au regard des enjeux de santé publique » ne saurait remettre en cause l’intérêt informatif premier de ce dispositif. Le Haut Conseil Pour la Santé Publique a d’ailleurs répliqué à l’ANSES que l’étiquetage nutritionnel simplifié, en permettant au consommateur de faire un choix éclairé, est un des éléments d’une politique nutritionnelle de santé publique efficace, et constitue, qui plus est, une recommandation de l’OMS.

A quelques jours de l’officialisation par arrêté du modèle officiel d’étiquetage nutritionnel, la balle est désormais dans le camp des industriels et distributeurs. En effet, cette vignette est facultative. Compte tenu de la très forte attente des consommateurs d’une information nutritionnelle simplifiée, les professionnels seraient bien inspirés de ne pas les laisser sur leur faim.

Pour entériner l’avancée annoncée ce jour, l’UFC Que Choisir appelle donc les industriels et les distributeurs à se positionner publiquement en indiquant clairement s’ils reprendront le modèle officiel.

Publié le 15 mars 2017 par Que Choisir – Corentin COPPENS

Pour vous faire une idée des étiquettes que vous trouverez après le 1er avril sur vos produits, vous pouvez consulter le test fait en février 2015 par « Que Choisir ». Même si l’étiquetage peut différer un peu, le principe est là…. Comparatif Etiquetage Nutritionnel