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 LE COMPTEUR LINKY – Faisons le point

Le temps passe et Linky reste… Faisons le point

L’ASPECT TECHNIQUE – L’intérêt des consommateurs à la trappe – À l’origine, il devait permettre un affichage des consommations en temps réel dans un endroit bien visible du logement, seul moyen pour que chacun prenne conscience de ses dépenses d’électricité et réduise sa facture en faisant des économies d’énergie. Cette partie là a été abandonnée.

L’énorme problème, c’est que Linky n’apporte rien, strictement rien aux usagers. Il risque même d’alourdir leurs factures sans contrepartie !

Factures d’électricité alourdies. Linky va alourdir la facture d’électricité des ménages.

  • D’abord parce que même s’il n’apparaît pas en tant que tel et qu’ERDF assure pouvoir le financer par des gains de productivité, son coût pourrait finalement y être intégré via le tarif d’acheminement de l’électricité.
  • Surtout parce que d’après une étude menée par l’UFC QUE CHOISIR sur un panel de consommateurs, 37 % des ménages consomment au-delà de leur puissance d’abonnement. Les compteurs actuels supportent ces dépassements ponctuels sans disjoncter, Linky pas toujours. De nombreux usagers pourraient avoir à souscrire à une puissance plus élevée, donc à un abonnement plus cher !

Côté consommateurs et alors que la France se veut exemplaire, le compteur Linky a tout d’un loupé de la transition énergétique.

Evidemment, en contre partie, ces compteurs sont très intéressants :

 

L’ASPECT SANITAIRE – « Des risques sanitaires peu probables ».

L’expertise de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) sur les effets sanitaires potentiels des compteurs communicants Linky était très attendue. Elle est sortie en décembre 2016 et devrait rassurer les inquiets.

Face aux inquiétudes que suscite le compteur électrique Linky, la direction générale de la Santé avait chargé l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, d’une expertise visant à évaluer l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants et les effets sanitaires potentiels associés.

Cette expertise était très attendue, tant par les élus locaux soumis à la forte pression des militants anti-Linky que par les usagers légitimement inquiets face à ces nouveaux compteurs.

Les consommateurs peuvent être rassurés par l’expertise publiée jeudi 15 décembre. Elle conclut en effet « à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme ».

Que ce soit en champ électrique ou magnétique, précise l’Anses, « les compteurs Linky sont à l’origine d’une exposition comparable à celle d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de nombreuses années ». Autrement dit, les compteurs Linky ne présentent pas plus de risques pour la santé que les téléviseurs, les chargeurs d’ordinateur portable ou les tables de cuisson à induction.

 

L’INSTALLATION :  Passage en force d’Enedis –

Enedis (ex-ERDF) recommande à ses installateurs de ne pas tenir compte des refus de compteurs Linky. Le gestionnaire du réseau électrique leur fournit même le mode d’emploi pour les poser malgré tout. Un vrai passage en force.

La fiche intitulée « Que faire face au refus sur le terrain » fait partie d’un kit distribué par Enedis aux installateurs de compteurs Linky. Elle prouve qu’en dépit de discours publics plutôt apaisants, Enedis recommande à ses poseurs de faire le forcing. Ainsi, « dans le cas où le propriétaire ou syndic de copropriété a expressément manifesté son désaccord […] le technicien peut tout de même entrer et procéder au remplacement du compteur si l’accès à la propriété est réputé se faire librement ». Enedis signale tout de même qu’il y a violation de domicile « si l’accès est restreint par une barrière physique ou morale (muret, porte fermée à clé, panneau propriété privée) ». Ouf !

Mais les résidents ne sont pas à l’abri d’une installation au forceps pour autant. En cas de porte ou de portail fermé, le technicien doit remplacer le compteur s’il dispose d’une clé vigik, d’un double de clé ou du code d’entrée. En copropriété, si l’accès est impossible, il doit tenter d’obtenir d’un habitant qu’il lui ouvre.

Un passage en force qu’Enedis assume : « Le client a été prévenu par courrier dans les 45 jours précédant le passage du technicien et il n’y a pas de possibilité de refuser le compteur. On procède comme pour le dépannage », nous a répondu le gestionnaire de réseau.

L’heure n’est plus à la concertation. À moins de monter la garde devant son compteur, il va devenir difficile d’échapper à Linky comme nous le précisions il y a quelques mois.

 

L’ARBITRAGE DU MINITERE DE L’ENVIRONNEMENT – Un rapport officiel critique.

Les associations anti-Linky réclamaient sa publication depuis des semaines, la ministre de l’Environnement a fini par céder. Le rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable sur le déploiement du compteur Linky, qui lui avait été remis en janvier, vient d’être publié.

Malgré ces 4 longs mois de retard qui auraient pu laisser présager d’un rapport explosif, on est très loin du brûlot susceptible de remettre en cause le programme Linky.

Si ce rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (1) émet de sérieuses critiques, elles portent surtout sur une approche trop centrée sur la gestion du réseau et pas assez sur les clients. « Si le compteur est une réussite technique pour la gestion du réseau, son utilisation pour la maîtrise de l’énergie reste largement insuffisante, déplorent les auteurs.

Le rapport justifie ainsi le bien-fondé du combat mené par l’UFC-Que Choisir pour que Linky permette des suivis de consommation avec un affichage en temps réel, les seuls à même d’inciter les ménages à réduire leur consommation d’électricité.

Concernant les champs électromagnétiques, les auteurs taclent une « désinformation évidente de certains sites opposés à Linky, avec de plus une nette volonté de créer un sentiment d’inquiétude parmi le public ». Ils jugent que « la question sanitaire ne constitue pas une difficulté susceptible de remettre en cause le programme Linky », mais réclament une prise en compte « des configurations d’installations atypiques pouvant générer des expositions de durées longues ». Les auteurs visent ici « des cas particuliers où les compteurs sont dans des pièces très utilisées et à proximité immédiate de personnes y stationnant durablement, typiquement une chambre d’étudiant de 8 à 10 m2. »

Interrogés par la ministre « sur l’origine et la nature des préoccupations se faisant jour concernant le déploiement du compteur Linky », ils dédouanent en grande partie le programme Linky, mettant les oppositions sur le compte « de perceptions sociétales » exacerbées par un environnement hertzien qui se charge de plus en plus et par la sensation qu’ont les citoyens de laisser de plus en plus de traces numériques.

Le rapport ne le dit pas, mais Que Choisir ajouterait volontiers aux problèmes évoqués le passage en force d’Enedis et les loupés d’installation pour expliquer les tensions.

 

TRÈS RÉCEMMENT – Nous venons de découvrir sous le titre « Un avocat de Toulouse part en croisade contre le compteur électrique LINKY » un article sur le net, qui fait état du lancement d’une action collective. Les différents aspects de son action :

  • « Un abonné devrait pouvoir s’opposer à l’installation Linky, »
  • « Linky et le risque d’atteinte à la vie privée »,
  • « Les ondes électromagnétiques et la santé »

 

EN CONCLUSION

On le vérifie dans les échanges ci-dessus, le débat est passionné et il est évident que le livre du Linky est loin d’être refermé.

La position de l’UFC se résume ainsi :

  • Le compteur Linky ne tient pas ses promesses techniques,
  • Il y aura forcément un surcoût pour le consommateur,
  • La méthode utilisée par ENDIS pour son installation génère des tensions,
  • Rien, aucun rapport, ne dit pour l’instant que le compteur Linky représente un risque spécifique pour la santé.

 

Article rédigé d’après les notes successives d’Elisabeth CHESNAIS de Que Choisir