UFC QUE CHOISIR-HAUTE-LOIRE

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LE DIAGNOSTIC DE PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE (DPE) UN BILAN DÉSASTREUX.

Au fil des ans, les différents diagnostics immobiliers se sont empilés, ils sont au nombre de 8 :‑ Constat de risque d’exposition au plomb,
‑ État de l’amiante,
‑ État relatif à la présence de termites,
‑ État de l’installation intérieure de gaz,
‑ État de installation  intérieure d’électricité,
‑ État de l’installation d’assainissement non collectif,
– Etat des risques naturels, miniers et technologiques,
‑ Diagnostic de performance énergétique

Ils visent à informer l’acquéreur ou le locataire sur certains aspects du logement qu’il projette d’acheter ou de louer.

Leur utilité est sans doute réelle mais ils ont alourdi les formalités des baux ou actes de vente et entraîné des dépenses supplémentaires non négligeables.

Sont-ils tous fiables ? Nous nous intéresserons aujourd’hui au DPE à partir d’une enquête récente parue dans notre revue nationale.

Qu’est ce que le DPE ?

Un diagnostic supplémentaire. D’abord informatif, il est devenu obligatoire à compter du 1er juillet 2007 pour toute transaction immobilière ou location. Il est valable 10 ans.

 

A quoi sert-il ?

Le diagnostic de performance énergétique renseigne sur la performance énergétique d’un logement ou d’un bâtiment en évaluant sa consommation d’énergie et son impact en terme d’émissions de gaz à effet de serre.

La lecture du DPE est facilitée par deux étiquettes à 7 classes de A à G ( A correspondant à la meilleure performance, G à la plus mauvaise) :

  • l’étiquette énergie pour connaître la consommation d’énergie
  • l’étiquette climat pour connaître la quantité de gaz à effet de serre émise

Il comprend aussi des recommandations de gestion, de travaux ou équipements visant à économiser l’énergie et réduire la pollution.

 

Qui peut le faire, à quel prix ?

Le DPE doit être établi par un professionnel indépendant satisfaisant à des critères de compétence, certifié par un comité national d’accréditation.

Le prix oscille entre 100 et 150 €.

 

Quel impact ?

En dehors des renseignements fournis à l’acquéreur, au propriétaire,au bailleur ou au locataire sur la consommation et les économies d’énergie, il peut influer sur la valeur de vente ou de location d’un logement. Il peut même conditionner l’obtention d’un prêt à taux zéro.

Un manque de fiabilité récurent

Malgré ce qui a pu être dit sur la certification des diagnostiqueurs, force est de constater le manque de fiabilité total de ces diagnostics.

L’UFC que Choisir dénonce cet état de fait depuis 9 ans à partir d’enquêtes successives réalisées en 2008, 2011 et 2012. Elle a alerté à chaque fois les pouvoirs publics sur ce problème en leur demandant de trouver des solutions.

En 2017, rien n’a changé

En 2017, notre échelon national  a lancé avec l’aide des associations locales ( dont la Haute-Loire) une nouvelle enquête sur l’ensemble du territoire français. Les résultats sont dans la revue de septembre.

7 propriétaires du Nord au Sud de la France se sont déclarés volontaires pour faire établir le DPE de leur maison, sachant que L’UFC Que Choisir leur à remboursé les frais engagés.

Ils devaient contacter chacun  5 diagnostiqueurs.

 

Résultats globaux de l’enquête

Ils montrent des résultats très différents selon les diagnostiqueurs pour la même habitation en ce qui concerne les étiquettes de classes énergétiques ou émissions de gaz  à effet de serre..

Le descriptif de la maison est parfois curieux avec des erreurs sur le type de chauffage ( fuel, gaz, électricité,..).

Les recommandations sont souvent fantaisistes : méconnaissance des aides, oubli de préconisation d’une VMC avec des travaux d’isolation, causes de déperditions attribuées de manière différente sur le même logement,…

Le prix varie aussi de manière importante entre les diagnostiqueurs de 89 € ( en Ile-de’France) à 271 € ( en Pays de Loire).

Nous étudierons plus précisément l’exemple Haute-Loire qui peut intéresser les  consommateurs altiligériens.

 

Un constat identique en Haute-Loire

Nous avions proposé une maison individuelle construite en 1974. Elle comportait un étage avec sous-sol et un chauffage au fuel avec un insert en appoint.

Il n’a pas été possible de trouver 5 diagnostiqueurs, seuls 4 entreprises ont établi le diagnostic.

On peut voir :

  • 2 diagnostics classent la maison en D, les deux autres en E
  • La consommation varie de 210 à 316 Kwh
  • 3 la classent en E et un en F pour les émissions de gaz à effet de serre
  • La facture estimée varie de 1 819 à 2 741 €
  • Le moins cher a facturé 100 € pour 1 h 35 de visite et le plus cher 149 € pour 1h
  • les recommandations sont bien différentes

Un nouveau cri d’alarme de L’UFC Que Choisir !

Devant ce nouveau constat décevant, l’ UFC Que Choisir demande aux pouvoirs publics :

  • D’adopter sans délai de nouvelles mesures techniques pour fiabiliser les DPE en revoyant la formation et la certification des diagnostiqueurs
  • De rendre immédiatement opposable le DPE au bailleur et au vendeur pour engager la responsabilité du diagnostiqueur.

 

Quelles leçons en tirer pour les consommateurs ?

Quelque soit votre position : bailleur, locataire, acheteur ou vendeur, n’attribuez qu’une valeur relative à ce diagnostic pour établir le prix d’une location ou d’une vente d’un logement à usage d’habitation.

Dans la mesure ou il reste obligatoire même sans valeur juridique, faites en faire plusieurs pour vous rassurer surtout que le prix reste limité aux alentours de 100 €.

UFC Que Choisir de Haute-Loire – Henri OLLIER.