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Alimentation, Energie - Environnement.

En France, seul un quart des emballages plastiques est recyclé.

D’après Le Figaro et 60 millions de consommateurs

D’après une enquête du magazine 60 millions de consommateurs, de nombreux emballages plastiques échappent au tri et au recyclage et seulement 26% sont recyclés. Un chiffre encore très loin de l’objectif 100% de plastiques recyclés fixé par le gouvernement.

«Tout n’est pas recyclable et tout ce qui est recyclable n’est pas recyclé»: le problème qui touche la filière du plastique est double. D’après une enquête réalisée par le magazine 60 millions de consommateurs , seulement 26% des emballages en plastique sont réellement recyclés. Et outre ces emballages qui ne trouvent pas de seconde vie, d‘autres objets et produits en plastique du quotidien passent aussi au travers des mailles du filet du recyclage.

En France, les emballages représentent environ un tiers du plastique produit. Si l’on enlève les bouteilles et flacons, soit environ 480.000 tonnes, moins de 3% des emballages en plastique triés ont été effectivement recyclés en 2016. «En théorie, certains déchets plastiques pourraient être traités mais dans les faits, ils ne le sont pas», indique Adeline Trégouët, rédactrice en chef déléguée du magazine responsable du hors-série.

La filière du plastique, mauvaise élève du recyclage.

À l’origine de cela, une «complexité technique et économique» qui empêche que de nombreux déchets plastiques soient recyclés et qui fait que «parfois on préfère produire avec des matières premières vierges». La filière est constituée de types de plastique très différents qui ne peuvent pas tous être traités de la même manière. «On ne peut pas par exemple recycler ensemble une bouteille d’eau et une bouteille de lait. Contrairement au papier, on ne peut pas mélanger différents types de plastique. Cela donne une matière première recyclée de mauvaise qualité», poursuit Adeline Trégouët.

 

Ainsi, il n’existe pas de solution pour certains objets qui sont difficiles à traiter, comme ceux en PVC conçus pour résister à l’usure du temps ou les barquettes en polystyrène expansé utilisées notamment pour les viandes Autre obstacle, les produits complexes qui mélangent plusieurs matériaux. Les paquets de chips ou les gourdes individuelles de compote sont par exemple composés de plastique ainsi que d’aluminium. Le recyclage du plastique a par ailleurs un coût, parfois trop important en raison de la complexité du tri en amont ou de la faiblesse des volumes de plastique qui doivent subir un traitement particulier. L’étape de recyclage passe alors bien souvent à la trappe et les déchets non traités sont incinérés ou enfouis.

 

Aujourd’hui, 1,1 million de tonnes de plastiques sont consommées chaque année d’après Citéo, entreprise spécialisée dans le tri sélectif et le recyclage. Pour augmenter les quantités de plastiques recyclés, qui s’élèvent pour l’instant à 250 000 tonnes, l’amélioration du tri est un enjeu majeur. «Il faut moderniser les centres de tri pour les adapter à de nouvelles techniques pour mieux recueillir et séparer les matériaux», indique Citéo. L’entreprise prévoit ainsi de recycler 440 000 tonnes supplémentaires pour atteindre les 40% des déchets plastiques traités d’ici 2022.

De même, des solutions sont à chercher du côté de l’écoconception et de la création de nouvelles filières. «Des filières doivent être créées pour certains plastiques, mais il faut des tonnes suffisantes en amont et des débouchés en aval. L’écoconception doit permettre de réduire le nombre d’emballages complexes pour favoriser les monomatériaux et diminuer les quantités de plastique», explique Citéo. Pour Adeline Trégouët, si la création de nouvelles filières représente un risque d’augmentation des coûts, l’écoconception est une solution à privilégier. «On doit penser à l’écoconception pour prendre en compte les filières de tri qui existent déjà. Le consommateur a aussi un rôle à jouer en privilégiant les produits recyclables», précise-t-elle.

La feuille de route sur l’économie circulaire présentée en mars

Les difficultés de la filière plastique font obstacle au développement de l’économie circulaire, qui voudrait intégrer le plus possible de matières premières recyclées dans les produits neufs. Ainsi, la filière du plastique est celle où la part de matières premières recyclées dans la production est la plus faible, avec seulement 6%. Un chiffre très faible comparé aux autres filières, comme le papier (66%) ou l’aluminium (44%), selon 60 millions de consommateurs.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire doit présenter la feuille de route sur l’économie circulaire dans le cadre du plan climat lancé en juillet 2017. Le document doit mettre en avant des mesures permettant notamment d’atteindre les deux objectifs principaux avaient été fixés: réduire de moitié la mise en décharge des déchets et recycler 100% du plastique d’ici 2025.