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Changer ses habitudes de consommation – Réparer et recycler…

 Jeter à la benne des équipements en panne et en racheter des neufs reste un réflexe… Pourtant, recycler ou remettre en état limite la pollution et crée des emplois.
Limiter les effets de la pollution devient un enjeu majeur, et les politiques semblent enfin s’emparer du sujet. Pour preuve, le recyclage est l’un des objectifs de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire adoptée en février 2020.
« Cette loi a pour but de mieux informer le consommateur sur la composition du produit qu’il achète :
– Est-il réalisé à partir de matériaux renouvelables ?
– Contient-il des substances préoccupantes ?
De cette façon, le prix ne sera plus le seul élément concret de choix »,
explique Nathalie Yserd, la directrice déléguée d’Ecosystem, un organisme qui coordonne la collecte, la dépollution et le recyclage d’équipements électriques et électroniques en France.

Un autre grand enjeu de la réforme consiste à faciliter la réparation des objets en panne. Laquelle peut devenir un véritable parcours du combattant. Les réparateurs étant moins nombreux, il faut bien souvent s’armer de patience pour démonter l’appareil et trouver les bonnes pièces détachées. Surtout, l’opération peut coûter plus cher que l’achat d’un produit neuf.

Ouvrez vos tiroirs pour recycler.
En France, entre 85 et 130 millions de téléphones portables dorment inutilement dans nos tiroirs. Recycler son smartphone est pourtant simple et gratuit, Ecosystem le prouve. Ces objets prennent peu de place, ils sont souvent conservés lorsqu’ils ne fonctionnent plus. De plus, beaucoup de particuliers n’en font rien, car ils craignent pour les données personnelles qui y sont stockées.
Fin 2019, pour remédier à ce vaste gâchis, Ecosystem a lancé l’opération solidaire « Jedonnemontelephone.fr », qui permet de collecter les vieux mobiles.
Si vous y souscrivez, il suffit d’envoyer par la poste vos anciens appareils. À réception, ils sont vidés de toutes leurs informations en toute sécurité (les Ateliers du bocage ont développé des outils d’effacement sécurisé des données). Il est ainsi possible de suivre sur leur site Internet la procédure, de l’envoi de son portable au gommage des données jusqu’au recyclage et à la revente.
Les téléphones trop anciens sont désossés pour en récupérer certaines matières (métaux rares).
S’ils sont suffisamment récents, ils sont réparés et reconditionnés pour être revendus sur le site des Ateliers du bocage (réseau Emmaüs) par des personnes en réinsertion professionnelle.

Achetez durable pour réparer.
Plusieurs mesures futures vont nous inciter à y réfléchir à deux fois avant de jeter. Dès le 1er janvier 2021, les vendeurs d’équipements électriques et électroniques (y compris les enseignes en ligne) vont devoir afficher un nouvel indice de réparabilité sur leurs emballages.
L’objectif de cette réforme ? Inciter les fabricants à allonger la durée de vie de nos objets et lutter contre l’obsolescence programmée, désormais sanctionnée par la loi. Cet indice sera indiqué sur le produit, son packaging et son lieu de vente Il prendra la forme d’une note sur 10, fixée à partir de différents critères comme la facilité du démontage ou le prix des pièces détachées (un prochain décret donnera des précisions). Il concernera les lave-linge, téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables et tondeuses à gazon et devrait, à terme, être étendu à d’autres produits. « Pour le motiver, un coup de pouce financier sera aussi accordé au consommateur qui voudra réparer son matériel, comme cela existe quand on remet son vélo en état », note Nathalie Yserd.

Enfin, la réforme va permettre de labelliser les réparateurs. « Nous souhaitons regrouper dans un annuaire en ligne la liste et les adresses de ces professionnels certifiés », ajoute Nathalie Yserd.
En attendant, vous pouvez d’ores et déjà faire réparer vos objets : selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), un appareil sur deux rapporté au service après-vente n’est pas en panne et ne nécessite aucune pièce de rechange importante ! Élément entartré, fusible qui a sauté, miettes coincées dans un grille-pain… il suffit souvent d’une simple intervention pour le faire fonctionner à nouveau.

Mettez-vous au bricolage.
Depuis quelques années, de nombreuses initiatives ont été mises en œuvre pour promouvoir le « réparer soi-même », tendance qui prend de l’ampleur en France.
Pour débuter, il existe une multitude de tutoriels en ligne et de forums d’entraide pédagogique entre internautes (sur Commentreparer.com, Ifixit.com…). Le site Spareka.fr propose des vidéos pour repérer et traiter les petites pannes. Sossav.fr publie, lui, des guides pour remettre en état votre smartphone, votre tablette ou votre ordinateur (écran cassé, batterie en fin de vie…).

Vous préférez être accompagné ? Pas de souci, l’Ademe et Spareka organisent des ateliers d’aide au diagnostic des soucis les plus fréquents. Des « repair cafés » ont aussi ouvert dans de nombreuses villes et permettent d’apprendre à remettre ses objets en état, avec le soutien de bénévoles experts en bricolage (lire encadré).

Ce concept existe aussi pour les véhicules. Pour faire d’appréciables économies et si vous ne craignez pas de mettre les mains dans le cambouis, des garages associatifs ou solidaires  tiennent à votre disposition le matériel nécessaire pour réparer votre vélo ou votre voiture, tout en bénéficiant de l’aide de mécaniciens chevronnés.

Enfin, si vous n’êtes vraiment pas bricoleur, ayez le réflexe de chercher un réparateur pour vos objets en fin de vie.
Les mairies ou chambres des métiers et de l’artisanat de votre région fournissent des contacts de professionnels, auxquels vous veillerez à demander un devis avant toute réparation. Enfin, n’oubliez pas que pour prolonger la durée de vie de votre matériel, le plus efficace reste de bien l’entretenir.

Retirer le tartre d’une machine à café ou d’une bouilloire, par exemple, peut suffire à la refaire fonctionner. Quant aux appareils électriques, ils supportent mal la poussière… Prenez donc soin de vos objets !

 

N’oubliez pas les garanties.
Si votre matériel est en panne, faites toujours jouer les garanties avant de payer une réparation. La garantie légale de conformité fonctionne pendant deux ans après l’achat d’un bien neuf (six mois pour un bien d’occasion).
Grâce à elle, vous pouvez exiger sa remise en état ou son remplacement sans frais.
Si vous avez laissé passer ce délai, vous pouvez profiter de la garantie des vices cachés. Dans ce cas, vous disposez de deux ans à partir de la découverte du défaut caché pour agir, mais vous devez en apporter la preuve.
Enfin, une garantie commerciale (extension de garantie) gratuite ou payante peut être proposée au moment de l’achat. Son étendue, sa durée et ses modalités sont précisées dans le contrat.

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